EDUCATION et CATECHISME
Elle est au coeur du débat actuel sur
un nouveau temps scolaire. L'enjeu est suffisamment important, puisqu'il
s'agit de l'avenir de nos enfants, pour qu'on prenne un peu de hauteur.
L'éducation d'un enfant comporte trois dimensions : un enseignement,
un comportement, un discernement.
Un enseignement qui va permettre à l'enfant, selon la forme
d'intelligence qui est la sienne (certains sont plus pratiques, d'autres
plus spéculatifs), de trouver, demain quand il sera adulte,
la place qui lui revient dans la société.
Un comportement qui va lui permettre de se développer physiquement
et d'adopter une attitude de collaboration avec les autres par la
pratique du sport et du jeu en équipe.
Un discernement qui va lui permettre de réfléchir à
son projet de vie et d'acquérir d'indispensables repères
pour choisir et donner une orientation à son action.
Cette tâche éducative intervient
dans un ensemble social, ordonné par des lois, qu'il convient
d'adapter aux conditions de notre temps. Il faut déterminer
dans le cours d'une semaine les temps nécessaires pour que
ces diverses composantes puissent être mises en oeuvre sérieusement
Pour cette raison une loi du 28 mars 1882 disposait :
" les écoles élémentaires publiques vaquent
un jour par semaine en outre du dimanche afin de permettre aux parents
de faire donner, s'ils le désirent, à leurs enfants
l'instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires
" (L 143-3 du Code de l'Education).
Des conditions nouvelles ont conduit le législateur à
apporter une modification, le 12 mai 1972, disposant que : "
à compter de la rentrée scolaire de 1972, l'interruption
des cours prévue par la loi du 28 mars 1882 est reportée
du jeudi au mercredi "
En 2006 la situation des familles s'est modifiée. Dans beaucoup
de foyers, le père et la mère travaillent et le temps
réservé à la communauté familiale, source
et fondement d'une saine éducation, s'en trouve perturbé.
D'autre part, les propositions culturelles et sportives proposées
aux enfants se sont considérablement améliorées
et multipliées.I1 faut donc, aujourd'hui, inventer de nouveaux
modes d'aménagement du temps offert aux trois éléments
de l'éducation sans en sacrifier aucun.
C'est dans ce contexte que Monsieur l'Inspecteur
de l'Académie proposait la solution qui libérait un
mercredi tous les quinze jours pour que les familles puissent disposer
du samedi matin. Monseigneur Brincard, évêque du Puy,
lui répondait le 7 mai 2005 : " Je constate avec regret
que selon cette perspective, sont écartées, de fait,
les deux autres formules pour libérer le samedi matin d'activités
scolaires tout en respectant intégralement les termes de la
loi concernant le temps réservé chaque semaine à
la catéchèse.I1 s'agit de la semaine de deux fois
deux jours de classe consécutifs (lundi, mardi et jeudi, vendredi),
déjà en vigueur dans l'enseignement catholique. Il s'agit
aussi de la formule existant à Aurec, Craponne etc... Formule
qui conserve, chaque mercredi matin, une place suffisante à
la catéchèse ".
La formule dite " deux fois deux jours " a été
adoptée dans les départements voisins de la Loire et
du Rhône.
Aussi pour tenir compte et de la demande légitime des parents,
et des temps nécessaires à l'enseignement, aux association
culturelles et sportives, au catéchisme, je propose de débattre
des deux propositions de Monseigneur l'évêque :
* soit la semaine " deux fois deux jours ",
* soit le partage de chaque mercredi matin entre enseignement et catéchisme.
Il ne s'agit pas de défendre de façon partisane des
intérêts particuliers, mais d'offrir aux enfants toutes
les dimensions d'une éducation complète.
Abbé Charles Bongiraud, curé d'Yssingeaux