Jumelage Ebersberg-Yssingeaux

Homélie du père Bongiraud pour la Célébration Oecuménique
du 30 avril 2007 pour les 10 ans du jumelage Ebersberg-Yssingeaux

Nous sommes heureux de vous accueillir ; d'abord parce que notre jumelage a été source d'amitié, mais aussi parce que, depuis le 19 avril 2005, celui qui est devenu notre pape, Joseph Ratzinger, est votre compatriote !

En ce sixième dimanche de Pâque c'est sur l'évangile du " Bon Pasteur " (Jean 10,27-30) que nous sommes invités à méditer. Jésus, le charpentier de Nazareth, se fait connaître, se révèle lui-même avec cet exemple du Pasteur qui est bon, du Berger qui est vrai. Il le fait de manière exorbitante en se présentant ainsi, sans connotation politique, comme le Messie qu'Israël attendait, que ses prophètes avaient annoncé. Mais il ose bien davantage, l'inacceptable, en affirmant que lui et le Père sont UN. IL se dit ainsi Dieu, né de Dieu. Pour les juifs, il blasphème et nous savons où le conduira ce blasphème.

Pour nous, ses disciples, cette autorévélation implique deux conséquences. Il vient nous rassembler pour que nous devenions, par ce rassemblement même, des fils du Père et parce que ce rassemblement doit se faire " dans la paix de son amour ". L'Eglise, en effet, n'est pas une institution comme les autres. Elle n'a pas d'intérêt particulier et partisan à défendre. Elle vient simplement rappeler aux hommes que, quelles soit leurs qualités personnelles, quel que soit leur statut social, quel que soit leur travail, ils sont invités à agir ensemble en vue de la fin qui leur est proposée : devenir fils de Dieu ! Et le mode de notre rassemblement doit déjà refléter sa fin. L'homme n'est pas seulement un être mortel, il est aussi un être natal, un être qui né. Et si nous sommes là c'est parce que nous sommes nés de l'amour du Père et du Fils. Notre Dieu est UN d'une unité qui va au-delà de l'unité de la chose ou de l'individu mais de cette unité transcendante qui est celle de la personne reconnue et appréciée de l'autre : " Tu as du prix à mes yeux et je t'aime ".

Protestants réformés et catholiques romains, nous avons préparé cette célébration dans une amitié qui va jusqu'à la complicité. Et pourtant, les uns ont des pasteurs, les autres des prêtres. Différences qui ne sont pas simplement verbales, mais qui expriment une communion incomplète. Alors permettez-moi de souhaiter avec vous l'avènement de cette pleine communion qui est déjà en marche. Le 31 octobre 1999, à Augsbourg, la ville où est né le schisme, les représentants de l'Eglise luthérienne et ceux de l'Eglise romaine se sont rencontrés pour signer une déclaration commune sur la doctrine de la justification. Ils y sont parvenus par " un consensus différencié " dans lequel chaque confession a reconnu que les apports de l'autre vont dans le sens d'une complémentarité et d'un enrichissement et non dans celui d'une opposition qui sépare. Que cette manière de méditer sur la Parole de Dieu puisse enfin nous permettre d'atteindre cette pleine communion à la quelle nous invite le Bon Pasteur, le Vrai Berger. Amen.

 


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